Férié + tarte = journée parfaite !
Septembre

La tarte aux pruneaux du Jeûne genevois

Un jour férié, un seul dessert, zéro discussion.

Le jeudi qui suit le premier dimanche de septembre, Genève s'arrête. Les bureaux ferment, les écoles aussi, et tout le canton se retrouve autour d'une seule et même chose : la tarte aux pruneaux. C'est le Jeûne genevois, un jour férié dont la tradition remonte au XVIe siècle, à l'époque où la ville jeûnait en signe de solidarité et de pénitence. Et comme on jeûnait, on ne cuisinait pas. La veille, on préparait donc une tarte simple, aux fruits de saison, qui se mangeait froide le lendemain, souvent comme seul repas de la journée. Les pruneaux, ces quetsches violettes qui pleuvent dans les vergers en septembre, s'y sont imposés. Aujourd'hui, le jeûne est tombé aux oubliettes, mais la tarte, elle, est plus vivante que jamais. Les boulangers en vendent des centaines, les grands-mères en font des dizaines, et on la mange nature, ou avec une cuillère de crème pour les gourmands qui n'ont jamais vraiment cru au jeûne.

Pour1 tarte de 30 cm, 8 parts
Préparation30 min
Cuisson40 min
Repos1 h pour la pâte

Les ingrédients

La pâte brisée

La garniture

La liaison, version riche

Pour servir (facultatif)

La recette, pas à pas

  1. Une pâte sans chichis. Mélangez farine, sel et sucre, ajoutez le beurre et sablez du bout des doigts. Versez l'eau froide petit à petit, rassemblez en boule sans pétrir, aplatissez en disque, filmez et laissez reposer 1 heure au frais. La pâte brisée déteste qu'on la brusque.
  2. Les pruneaux, opération chirurgicale. Lavez les pruneaux, essuyez-les, fendez-les en deux et retirez le noyau. Coupez ensuite chaque moitié en deux dans la longueur : vous obtenez des quartiers qui se rangent comme des tuiles. Comptez 15 minutes et une playlist. Ne les épluchez surtout pas, la peau donne la couleur et l'acidité.
  3. Foncez et protégez. Préchauffez le four à 200 °C. Étalez la pâte sur 3 mm, garnissez un moule à tarte de 30 cm beurré, piquez le fond à la fourchette. Saupoudrez la poudre de noisettes sur toute la surface : elle va boire le jus des pruneaux et vous éviter la tarte détrempée, ce fléau du mois de septembre.
  4. Le rangement, la partie zen. Disposez les quartiers de pruneaux en cercles concentrés, bien serrés, peau vers le bas et chair vers le haut, légèrement inclinés en partant du bord vers le centre. Serrez : à la cuisson, les fruits se tassent et un trou se forme là où vous avez été paresseux.
  5. Sucre et épices. Mélangez le sucre, la cannelle et le clou de girofle. Saupoudrez uniformément. Enfournez 20 minutes dans le bas du four.
  6. La liaison, pour les gourmands. Pendant ce temps, battez l'œuf avec la crème et la cuillère de sucre. Au bout des 20 minutes, sortez la tarte, versez la liaison délicatement sur les pruneaux (elle va se faufiler entre les fruits) et remettez au four 15 à 20 minutes. Les puristes la font sans liaison, « à sec » ; les gourmands avec. Les deux camps se respectent, vaguement.
  7. Le test du bord. La tarte est prête quand la pâte est bien dorée, que les pruneaux sont fondants et que le jus a caramélisé sur les bords. Saupoudrez une dernière cuillère de sucre à la sortie du four pour le brillant.
  8. Patience, c'est la tradition. Laissez tiédir au moins 1 heure. Historiquement, elle se mange froide le lendemain, et franchement, elle est encore meilleure ainsi. Servez nature, comme le veut la tradition, ou avec une cuillère de crème fouettée si personne ne regarde, et levez votre part à la santé des Genevois du XVIe siècle qui ont eu la bonne idée d'inventer une fête à tarte.
Le saviez-vous ? Le Jeûne genevois est férié uniquement dans le canton de Genève, le Jeûne fédéral ayant lieu dix jours plus tard, le troisième dimanche de septembre, pour le reste de la Suisse. Résultat : le jeudi du Jeûne, les Genevois mangent leur tarte pendant que les Vaudois travaillent. Un vrai bonheur, même si les Vaudois se rattrapent avec leur lundi du Jeûne.
Si la saison vous échappe Hors septembre, les pruneaux surgelés ou en bocaux font l'affaire, à condition de bien les égoutter et de doubler la poudre de noisettes. Et en octobre, la même recette avec des poires fermes est un régal, même si elle n'a aucun jour férié à son nom.